
Ouverte en mars 2024, l’Unité de Soins Palliatifs (USP) de l’Arbizon, dans les Hautes-Pyrénées, fête sa première année d’activité. Implantée au sein d’un centre de rééducation, l’unité développe une approche globale associant hospitalisation, soins de support et hôpital de jour. Rencontre avec l’équipe qui revient sur cette première année et les perspectives à venir.
L’USP de l’Arbizon a ouvert il y a un an. Quel premier bilan pouvez-vous dresser ?
L’unité a ouvert le 7 mars 2024. Nous disposons aujourd’hui de 10 lits, avec la possibilité d’un 11ᵉ lit si nécessaire, ce qui arrive régulièrement. Très rapidement, nous avons observé une montée en charge importante de l’activité, avec des taux d’occupation proches de 100 %.
Cette dynamique reflète les besoins du territoire en matière de soins palliatifs. Les patients que nous accueillons présentent des situations très variées : certaines hospitalisations sont courtes, parfois en sortie d’urgence ou dans des situations de décompensation, tandis que d’autres patients restent plus longtemps lorsque des questions d’organisation du domicile ou de parcours doivent être travaillées.
L’équipe médicale s’est également renforcée cette année avec l’arrivée du Dr Vincent Piriou, ancien médecin d’HAD, titulaire d’un DU de soins palliatifs. Nous sommes désormais quatre médecins impliqués dans la prise en charge.
Votre unité est installée dans un SMR. Qu’est-ce que cela change pour les patients ?
C’est un véritable atout. Le fait d’être implantés dans un centre de rééducation nous permet de bénéficier d’un environnement technique et d’une équipe pluridisciplinaire déjà structurée.
Les patients peuvent accéder à de nombreux professionnels : psychologue, assistante sociale, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, diététicienne, socio-esthéticienne…
Cela nous permet de proposer une prise en charge globale, qui ne se limite pas à la gestion des symptômes mais qui inclut également les dimensions psychologiques, sociales et fonctionnelles.
Nous avons aussi accès à certains équipements, comme la balnéothérapie, et nous sommes en train d’installer une baignoire de relaxation, qui pourra apporter un réel bénéfice en termes de confort pour les patients.
Vous avez également développé un hôpital de jour. Quel est son rôle ?
L’hôpital de jour est un élément important de notre dispositif. Il s’adresse à des patients en situation palliative qui vivent encore à domicile et qui ont besoin d’un suivi régulier.
Contrairement à l’hôpital de jour de rééducation, les patients ne viennent pas plusieurs fois par semaine : ils sont généralement revus une fois par semaine ou tous les quinze jours.
Ces consultations permettent notamment :
- de réévaluer les traitements, en particulier les traitements antalgiques,
- d’ajuster les prises en charge,
- de rencontrer différents professionnels de l’équipe,
- d’anticiper certaines difficultés à domicile.
Les patients peuvent, lors de leur venue, rencontrer l’ensemble des professionnels : psychologue, assistante sociale, kinésithérapeutes, diététicienne, socio-esthéticienne… Cette prise en charge pluridisciplinaire est très importante.
L’objectif est vraiment de maintenir le lien entre l’équipe hospitalière et le domicile, afin d’anticiper les situations complexes et d’éviter certaines hospitalisations non programmées.
Comment travaillez-vous avec les acteurs du territoire ?
Nous travaillons en lien étroit avec les acteurs du département, notamment le DAC 65, l’HAD, les professionnels libéraux et les structures médico-sociales. L’objectif est d’accompagner au mieux les parcours des patients et d’anticiper les situations complexes à domicile. Notre assistante sociale est aussi très active et peut par exemple se déplacer au domicile du patient pour évaluer les besoins, anticiper l’installation de matériel ou vérifier que les aides mises en place fonctionnent correctement.
Nous avons également développé des liens avec les équipes d’oncologie du territoire, notamment avec la Clinique de l’Ormeau à Tarbes. Les oncologues et radiothérapeutes peuvent nous orienter certains patients lorsque la maladie évolue et que les symptômes deviennent plus difficiles à contrôler.
Dans ces situations, l’hôpital de jour peut jouer un rôle très important : il permet d’accueillir les patients pour une réévaluation globale, d’ajuster les traitements ou de mobiliser les soins de support, tout en maintenant un lien avec le domicile.
Cela constitue une interface utile entre l’oncologie et la démarche palliative, permettant d’accompagner les patients plus tôt dans leur parcours et de sécuriser leur prise en charge.
L’USP semble aussi très investie dans les soins complémentaires ?
Oui, c’est un axe important pour nous. Nous avons développé plusieurs approches complémentaires. Nous accueillons notamment une musicothérapeute une fois par semaine. Nous avons également mis en place des séances de médiation animale, et nous travaillons avec une socio-esthéticienne. Des bénévoles d’accompagnement interviennent également auprès des patients.
D’autres projets sont en cours de réflexion ou de mise en place, comme la biographie hospitalière et la sexologie.
Toutes ces initiatives visent à enrichir l’accompagnement et à proposer des espaces de bien-être, d’expression et de relation pour les patients.
L’équipe développe aussi une activité importante de formation ?
Effectivement, nous avons à cœur de participer à la diffusion de la culture palliative sur le territoire.
Nous accueillons régulièrement des stagiaires et des internes. Nous avons actuellement un interne de médecine générale qui vient une journée par semaine, et nous souhaitons pérenniser ce type d’accueil.
Nous travaillons aussi avec différents organismes de formation pour proposer des interventions auprès des professionnels du territoire : aides-soignants, auxiliaires de vie, équipes d’EHPAD…
Nous avons également lancé les “Jeudis de la SFAP”, qui sont des soirées de rencontres autour de webinaires suivis de discussions avec les acteurs du département. L’idée est de créer des espaces d’échanges et de réflexion partagée.
Vous organisez aussi un séminaire départemental ?
Oui, nous préparons actuellement un séminaire départemental sur les soins palliatifs, qui aura lieu le 30 mai.
Le thème retenu cette année est celui des “soins palliatifs aux âges extrêmes de la vie” (personnes âgées et pédiatrie). L’idée est de proposer des présentations relativement courtes, centrées sur des retours d’expérience de terrain, afin de favoriser les échanges entre professionnels.
Nous espérons que ce type d’événement contribuera à renforcer les liens entre les acteurs du territoire.
Un dernier mot sur les projets à venir ?
Nous avons encore de nombreux projets en cours. L’un d’eux est la création d’une association de soutien aux patients, appelée Les Étoiles de l’Arbizon. Elle permettra de soutenir certaines initiatives pour améliorer le confort et le bien-être des patients.
Plus largement, notre ambition est de continuer à développer une approche palliative intégrée, en lien avec les professionnels du territoire, afin d’accompagner au mieux les patients et leurs proches.