« Mutualiser, partager, agir : tout l’intérêt du Comité de Pilotage de l’Aude »
À la suite du diagnostic CARESP et de la mise en place des correspondants territoriaux de la CARESP, la concertation en soins palliatifs s’est renforcée à l’échelle départementale.
Les COPIL se déploient désormais sur une large majorité des territoires d’Occitanie, réunissant les acteurs des soins palliatifs, du premier recours, du médico-social, les délégations départementales de l’ARS et la CARESP.
Ces instances permettent de structurer une feuille de route territoriale, de lancer des groupes de travail prioritaires et de favoriser les rencontres entre acteurs, dans une logique de filière.
Zoom sur le COPIL de l’Aude (11)
Avec les regards croisés du Dr Cornu Président ASP Aude et de Virginie Lopez, correspondante CARESP 11.

Entretien avec le Dr Cornu, Président de l’ASP-Aude et membre du Comité de Pilotage Régional de la CARESP
« À l’occasion des premiers travaux du Comité départemental de l’Aude, visant à prioriser les actions et lancer des groupes de travail sur l’articulation des acteurs en soins palliatifs et l’anticipation des situations, le Dr Cornu, Président de l’ASP-Aude et membre de la gouvernance de la CARESP, partage son regard sur cette dynamique. »
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Quel est votre ressenti sur la mise en place du COPIL ?
Je suis toujours optimiste quand il s’agit de mutualisation, de mise en commun et de partage d’informations. Sur un même département, on ne se connaît pas forcément tous. Le COPIL permet justement cela : se rencontrer, mieux comprendre les rôles de chacun et croiser les regards. C’est déjà une très bonne chose
Qu’est-ce qui vous paraît particulièrement intéressant dans cette instance ?
La diversité des acteurs présents. On y trouve non seulement des professionnels institutionnels, mais aussi des CPTS, des professionnels libéraux, des représentants associatifs.
C’est essentiel, car les soins palliatifs ne se vivent pas uniquement à l’hôpital. Aujourd’hui, les personnes malades restent plus longtemps à domicile, même lorsqu’elles ne décèdent pas chez elles. Et ce sont les médecins traitants, les infirmières libérales, les proches qui sont en première ligne. Croiser ces différentes visions enrichit vraiment les échanges.
Y voyez-vous des points de vigilance ?
Comme dans toute instance territoriale, il peut y avoir une dimension plus politique. Certains s’impliquent davantage que d’autres, certains préfèrent travailler de manière autonome.
Le défi sera de rester pragmatique. Il faut que le COPIL soit opérationnel et efficace. Il ne s’agit pas seulement de réfléchir, mais d’agir.
Les premiers groupes de travail vous semblent-ils aller dans ce sens ?
Oui, notamment le groupe « communication et acculturation ». Nous sommes sortis de la réunion avec le sentiment d’avoir avancé concrètement. C’est déjà beaucoup.
Nous avons travaillé sur la manière d’expliquer au grand public ce que sont les soins palliatifs… et surtout ce qu’ils ne sont pas. Trop souvent, ils sont encore associés à une image très restrictive ou anxiogène.
L’enjeu est pédagogique : faire comprendre que les soins palliatifs, ce n’est pas uniquement la toute fin de vie, mais un accompagnement global, qui peut intervenir bien en amont.
Un mot sur la place des bénévoles dans cette dynamique ?
Les bénévoles ont un rôle essentiel, mais ils ne peuvent pas tout porter seuls. La réussite dépendra d’un engagement collectif, partagé entre professionnels, institutions et associations. Il faut que chacun prenne sa part.
Pour conclure, quel est votre état d’esprit ?
Restons positifs. Pour l’instant, la dynamique est enclenchée. Les échanges sont constructifs. Si nous parvenons à maintenir un esprit de coopération et à rester centrés sur l’efficacité, le COPIL sera un véritable levier pour le territoire.

Mise en place des groupes de travail dans l’Aude
Par Virginie DESBRUERE, correspondante CARESP 11
Les groupes de travail sont désormais lancés dans l’Aude avec une priorité claire : traduire les orientations stratégiques en actions concrètes pour structurer la filière soins palliatifs.
Plusieurs axes ont été retenus : renforcer le repérage précoce des situations palliatives, accompagner la labellisation de l’EMSP Domicile et l’organisation des équipes sur l’ensemble du territoire, développer une offre de formation en soins palliatifs à destination des SAAD et des ESMS PA/PH, et construire une communication grand public pour mieux faire connaître les soins palliatifs.
Un premier groupe de travail consacré à l’acculturation s’est réuni. Les échanges ont permis d’identifier des pistes opérationnelles, notamment le déploiement d’outils de sensibilisation existants, l’organisation d’une tournée départementale avec le Palliatruck et le renforcement des partenariats avec les CPTS.
L’objectif est d’installer une dynamique territoriale visible, coordonnée et ancrée dans le quotidien des professionnels comme du grand public. Les orientations sont posées ; la mise en œuvre est désormais engagée.